En 2021, l’Insee comptabilisait plus de 995 000 créations d’entreprises¹, tous secteurs confondus. La création d’entreprise connaît un véritable engouement. De nombreux Français dans le cadre d’une reconversion professionnelle ou d’une réelle volonté entrepreneuriale font le choix de créer leur société et d’en vivre. Dans ce lot de créateurs d’entreprises, certains se spécialisent et décident d’ouvrir un magasin alimentaire. Ce projet peut leur permettre de créer une activité pérenne, mais l’opération nécessite une certaine réflexion. Créer sa structure requiert diverses connaissances et une certaine rigueur. Comment ouvrir un commerce alimentaire ? Ankorstore, première place de marché pour commerçants indépendants, vous dévoile la marche à suivre pour aller au bout de votre projet.

Sommaire

Qu’est-ce qu’un commerce alimentaire ?

Le commerce alimentaire est une activité économique d’achat et de revente de produits alimentaires. Cette activité peut être exercée dans un local commercial, sur des marchés ou en ligne, grâce à la création d’un site e-commerce. 

Il existe différents types de commerces alimentaires. Ces derniers peuvent être généralistes ou spécialisés. Citons, par exemple :

  • les commerces d’alimentation générale (épiceries, supermarchés, hypermarchés) ;
  • les commerces alimentaires spécialisés (alimentation bio, fruits et légumes, poissons, crustacés et épiceries fines). 

Lorsque la structure compte moins de dix salariés, le commerce alimentaire est de nature artisanale. Dans ce cas, l’entrepreneur doit s’immatriculer au répertoire des métiers. Au-delà de dix salariés, le commerce alimentaire est dit commercial. L’entrepreneur doit s’immatriculer au registre du commerce et des sociétés.

Les chiffres clés du commerce de détail alimentaire en France

En 2019 en France, l’Insee recensait près de 44 200 commerces de détail alimentaire en magasin spécialisé et près de 34 000 commerces de détail en magasin non spécialisé². Les deux structures réunies rassemblent près 754 000 salariés et un chiffre d’affaires hors taxes de 272 millions d’euros.  

En moyenne, selon l’Insee, les magasins alimentaires spécialisés disposent d’une surface de vente³ de 80 m². Les magasins alimentaires non spécialisés profitent, quant à eux, d’une superficie moyenne de 780 m².

Les étapes à suivre pour ouvrir un commerce alimentaire 

Vous souhaitez ouvrir une alimentation générale ? Voici les  étapes à suivre pour réussir votre projet.

1 – Valider l’idée du projet de création de magasin alimentaire

La première chose à faire est de mûrir votre projet, en trouvant une idée de création d’entreprise et en l’affinant pour valider sa viabilité. En effet, créer une entreprise n’est pas un acte anodin. Il est important de prendre du recul et d’y réfléchir en disposant d’une bonne étude de marché. Faites le point sur vos envies et la manière de les concrétiser. 

L’étape de la validation du projet est cruciale. Elle est même la première pierre pour définir votre business model, vous renseigner sur vos cibles potentielles et sur la concurrence. 

2 – Faire le point sur votre situation actuelle 

Une fois votre projet validé, faites le point sur votre situation personnelle et professionnelle actuelle. L’objectif est de définir si votre charge quotidienne est compatible avec un projet de création d’entreprise. Questionnez-vous sur :

  • votre situation personnelle, professionnelle, familiale et patrimoniale ;
  • vos compétences et votre personnalité.

Cette étape précise la structure juridique à créer. Elle est utile pour anticiper l’impact de ce changement de vie sur votre quotidien et sur celle de votre famille.

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3 – S’informer sur la création d’entreprise 

Votre décision prise, informez-vous sur les étapes de la création d’entreprise car il existe certaines spécificités. N’hésitez pas à contacter la chambre de commerce et d’industrie de votre ville afin de vous renseigner.

Créer une entreprise nécessite de réaliser un business plan. Ce document synthétise le besoin de financement, et d’étudier les différents statuts juridiques existants. S’informer suffisamment est la clé pour définir les meilleures décisions stratégiques par la suite. 

Projet 1 – Émilie et son projet de commerce alimentaire

Émilie est actuellement en CDI. Elle souhaite ouvrir son commerce alimentaire. Malheureusement, elle est perdue face aux différents statuts juridiques qui existent. Elle ne souhaite pas être limitée par un plafond de chiffre d’affaires. Par ailleurs, elle préfère préserver son patrimoine personnel. Pour y voir plus clair, Émile prend contact avec la Chambre de Commerce et d’Industrie de sa ville afin de rencontrer un conseiller qui va l’aider.

4 – Lister les actions à mener pour ouvrir la supérette 

Petit à petit, réalisez  des actions concrètes. Pour cela, listez les différentes actions à mener par ordre de priorité, puis complétez votre liste par toutes ces tâches sur lesquelles vous devez vous pencher :

  • vous informer quant à la réglementation en vigueur concernant les épiceries alimentaires ;
  • rencontrer votre banque ;
  • échanger avec votre employeur quant à la suite à donner à votre contrat ;
  • songer à votre concept avec plus de détails ;
  • intégrer ou non un réseau de franchise :
  • les avantages et les inconvénients de vous associer, etc. 

5 – Élaborer un business plan et réaliser une étude de marché avant de vous implanter 

Le business plan est à la base même de votre projet d’ouverture de commerce alimentaire. Ce document reprend l’ensemble des informations essentielles de votre projet entrepreneurial. Il présente la stratégie de l’entreprise pour les années à venir et permet de convaincre les banques et les investisseurs. 

Globalement, le business plan est une étude financière de la rentabilité de votre projet et permet de mieux apprécier sa faisabilité. Il contient, a minima :

  • un compte de résultat prévisionnel ;
  • un bilan prévisionnel ;
  • un plan de trésorerie ;
  • un plan de financement. 

Le business plan inclut souvent une étude de marché. Cette dernière permet de mieux préciser votre taille de marché, votre offre et vos concurrents potentiels.. Elle permet de mieux cibler :

  • les autres commerces alimentaires à proximité du vôtre ; 
  • la présence d’un potentiel marché prêt à acheter vos produits ;
  • votre stratégie ;
  • vos cibles, leurs habitudes de consommation et leurs problématiques ;
  • les tendances du marché : devez-vous ouvrir un commerce alimentaire généraliste ou spécialisé ?  

Bien réaliser cette étude permet de valider qu’il existe bel et bien un public pour vos produits et que vous pouvez positionner votre commerce alimentaire face à vos concurrents.

6 – Chiffrer le montant du financement à prévoir pour matérialiser votre point de vente

Le business plan offre une première idée du financement nécessaire pour votre projet de création d’entreprise. 

Faites ensuite le point sur :

  • votre apport personnel  ;
  • les apports de vos investisseurs (business angels, fonds d’investissement) ;
  • les financements des établissements bancaires ;
  • les aides financières dont vous pouvez bénéficier. 

Prévoyez, toutefois, une enveloppe budgétaire assez large, car en matière de création d’entreprise, les aléas tout comme les dépassements de budget ne sont pas rares. Disposer de fonds supplémentaires est la solution pour y faire face plus aisément. 

 7 – S’informer sur les aides financières disponibles pour la création de commerce alimentaire  

Créer un commerce alimentaire nécessite souvent d’avoir des fonds (pour louer un local, acheter les marchandises, etc.). Tournez-vous vers :

  • Pôle Emploi, si vous êtes demandeur d’emploi, afin de bénéficier éventuellement du maintien de vos allocations ;
  • des organismes de soutien à la création d’entreprise, pour profiter d’un accompagnement ou parfois de prêts à taux zéro ;
  • la région ou la chambre de commerce et d’industrie, pour jouir d’aides et de subventions spécifiques.

Si vous disposez d’un budget restreint, profiter de ces aides complémentaires peut vous aider à aller au bout de votre projet.

Projet 2 – Alba et son commerce alimentaire bio

Alba souhaite ouvrir un commerce alimentaire bio dans son village. Elle a effectué son business plan et réalise qu’il lui manque des financements malgré son apport personnel. Sa banque lui accorde un prêt, mais le montant total n’est pas suffisant. Heureusement, Alba peut solliciter la région qui propose des subventions pour la création d’une entreprise dans le secteur de l’alimentaire. 

8 – Définir le meilleur statut juridique pour la boutique alimentaire  

Parmi les différentes démarches à réaliser pour ouvrir un commerce, il existe la création d’une structure juridique pour exercer en toute légalité. Très souvent, les entrepreneurs optent, au choix, pour :

  • le statut d’autoentrepreneur ;
  • la société à responsabilité limitée (SARL/EURL) ;
  • la société par actions simplifiées (SAS/SASU).

Chacun de ces statuts juridiques présente ses avantages et ses inconvénients. Même si le statut d’autoentrepreneur est avantageux à bien des égards, il est peu recommandé pour ouvrir un commerce alimentaire. Vous pouvez être rapidement limité en matière de chiffre d’affaires

Créer une société est plus approprié puisque votre patrimoine personnel est protégé et vous n’êtes pas restreint par un plafond de chiffre d’affaires. Si vous ouvrez votre commerce alimentaire sans associés, créez une SASU ou une EURL. À l’inverse, avec des associés, optez pour la SAS ou la SARL. 

Étudiez les avantages et les inconvénients offerts par les différents statuts convoités avant de faire votre sélection finale. L’important est de trouver la forme juridique la plus adaptée à votre profil, à votre situation personnelle et à votre activité. 

9 – Préparer le dossier de création d’entreprise 

Une fois que vous avez choisi la structure juridique à créer, procédez à la préparation de votre dossier de création d’entreprise. 

Selon la structure juridique choisie, réunissez l’ensemble des pièces utiles au montage du dossier de création d’entreprise, puis :

  • rédiger des statuts avec les mentions obligatoires ;
  • procéder au dépôt des apports en numéraire sur un compte bloqué ;
  • nommer le dirigeant de la société ;
  • inscrire la structure au registre du commerce et des sociétés, etc.

Chaque structure juridique a ses propres spécificités. Tous les éléments listés ne sont pas nécessairement à effectuer selon votre statut. 

10 – Transmettre le dossier de création d’entreprise

Une fois votre dossier complet, vous pouvez l’envoyer aux services concernés, soit :

  • en vous rendant au centre de formalité des entreprises ;
  • en envoyant le dossier par courrier à ce même centre ;
  • en procédant par Internet.

Le dossier de demande d’immatriculation transmis au centre de formalité des entreprises, vous recevez un récépissé de dépôt de dossier. Quelques jours plus tard, votre entreprise est immatriculée et vous pouvez démarrer votre activité en toute sérénité. 

11 – Sélectionner un local commercial 

Dans la grande majorité des cas, ouvrir un commerce alimentaire nécessite de louer un local. Par ailleurs, il est crucial d’opter pour une localisation stratégique : une rue commerçante ou un lieu de passage. Ainsi, vous maximisez vos chances d’avoir des clients

Lorsque vous aurez trouvé le local idéal, signez un contrat de bail commercial. Opter pour la location-gérance s’avère être une alternative. Dans ce cas, vous louez un fonds de commerce pendant une durée bien précise et afin de déterminer si votre activité est rentable ou non avant de vous implanter. 

12 – S’informer sur les principales réglementations concernant les commerces alimentaires

Avant d’ouvrir votre commerce alimentaire, renseignez-vous quant aux principales réglementations à suivre, notamment les normes d’hygiène des commerces alimentaires. Assurez-vous de la qualité des produits vendus, en respectant des règles d’entreposage, de température de conservation, etc. 

Par ailleurs, si vous vendez des denrées d’origine animale, il est obligatoire de réaliser une déclaration auprès de la Direction Départementale de la Protection des Personnes (DDPP). Si vous commercialisez des produits d’origine animale à des intermédiaires, obtenir un agrément sanitaire est incontournable. 

Projet 3 : Julien et son épicerie

Julien est sur le point d’ouvrir une boutique de fruits et de légumes. À quelques jours de l’ouverture officielle, il fait le point sur tout ce qu’il a accompli et sur l’état du magasin. En regardant certains produits, Julien remarque que certaines dates de péremption ne sont pas indiquées. Or, c’est une obligation légale.  La Direction Départementale de la Concurrence et de la Consommation (DGCCRF) réalise des contrôles fréquents afin de s’assurer que les commerçants sont en règle. Julien doit corriger ces erreurs avant d’ouvrir sa boutique.

13 – Trouver des fournisseurs pour son épicerie 

Pour alimenter votre commerce alimentaire, sélectionnez des fournisseurs de confiance. Choisir le bon distributeur est à la base même de la réussite de votre entreprise. Afin de trouver les meilleurs fournisseurs alimentaires locaux ou des grossistes, étudiez :

  • les prix proposés ;
  • le rapport qualité/prix ;
  • les conditions d’achat ;
  • la logistique (délais de livraison, conditions d’approvisionnement, etc.) ;
  • les services annexes proposés (disponibilité du service client, par exemple) ;
  • la réputation et la santé financière du fournisseur ;
  • les labels dont il dispose, etc. 

Pour plus de facilité, rendez-vous sur Ankorstore, première place de marché européenne, puis découvrez et achetez de nouvelles marques en quelques clics seulement. Ankorstore est la première place de marché à connecter les marques et les créateurs de boutiques à travers toute l’Europe.

14 – Penser à la création d’un e-commerce alimentaire

La création d’une boutique en ligne est une étape facultative, mais très importante pour vous démarquer de la concurrence, mais aussi atteindre plus de clients. Là encore, pensez à vous faire accompagner par des professionnels compétents, afin de disposer d’un site professionnel et bien référencé sur les moteurs de recherche.

Créer un site e-commerce est un excellent moyen d’ouvrir un commerce alimentaire de chez soi et de multiplier les canaux de distribution.

Quelle formation suivre pour ouvrir un commerce alimentaire ? 

Aucun diplôme particulier n’est requis pour ouvrir un commerce de détail alimentaire. En revanche, vous avez besoin de certaines compétences en matière de gestion d’entreprise, comme :

  • de solides connaissances en gestion et en administration ;
  • des qualités relationnelles ;
  • une aptitude au management, si vous comptez avoir des salariés ;
  • quelques notions de marketing pour faire connaître votre structure. 

N’hésitez pas à suivre une formation afin de compléter vos connaissances. 

 

Les trois points clés à retenir :

  • Procéder par étape sans se précipiter est la meilleure façon de mener votre projet d’ouvrir un magasin alimentaire à terme.
  • Renseignez-vous au préalable sur l’ensemble des autorisations nécessaires et des réglementations à respecter pour mener votre activité dans l’alimentation.
  • Formez-vous et faites-vous accompagner par des experts (conseillers en création d’entreprise, avocats, experts-comptables) pour créer votre entreprise alimentaire si nécessaire.

FAQ 

  • Quel budget prévoir pour ouvrir un magasin alimentaire ?

Il n’existe pas de budget fixe à prévoir pour ouvrir une enseigne alimentaire car tout dépend de l’activité et de la taille du projet. Toutefois, en moyenne, il est recommandé de disposer d’un apport financier minimum de 30 000 € et 50 000 € pour créer le magasin.

  • Est-ce rentable d’ouvrir un commerce alimentaire ?

Ouvrir un commerce alimentaire peut être une opération rentable, mais il est nécessaire de savoir prendre les bonnes décisions et d’avoir une stratégie efficace.  

  • Peut-on utiliser le statut d’auto-entrepreneur pour ouvrir son commerce alimentaire ? 

Sur le papier, cela est possible. Ce statut permet d’optimiser votre comptabilité. Mais, il n’est pas adapté à toutes les situations. Dans le cadre d’une faillite par exemple, l’auto entrepreneur reste responsable des dettes de son commerce. De plus, ce statut entraîne un plafonnement du chiffre d’affaires. Ensuite, il ne permettra aucune récupération de TVA.

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